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Monter un projet d’innovation : Les points de douleurs - Partie 3/5

Par Pierre Guédon Temps de lecture : 06 min

Après avoir posé le constat de comment sont trop souvent abordés les projets d’innovations et discuté de la philosophie de notre approche de la pyramide de l’innovation dans les 2 premiers volets de cette série d’articles, nous allons ici rentrer plus dans le détail de l’approche des projets d’innovations. Et comme il faut bien commencer par quelque chose, autant commencer par le début, à savoir : les points de douleurs.

 

Les étages de la pyramide dans le détail : Les points de douleurs

Cette étape, cruciale pour assurer le succès de votre future innovation, est souvent largement sous-estimée, à tort. Aussi sûrement qu’une nouveauté qui ne répond à aucune vraie problématique ne sera pas adoptée par le marché, faire fi de ses intuitions pour aller, au contact du terrain, collecter des problématiques à fort potentiel est le meilleur point de départ qu’on puisse imaginer vers la réussite. Une part non négligeable de l’énergie à investir dans la mise en place d’un projet d’innovation doit se dépenser ici. Personne ne veut dépenser son temps ou son argent à régler des problématiques insignifiantes ou inexistantes, surtout qu’elles sont immanquablement gage d’un futur projet voué à une ambition insignifiante également.
En écho au premier article de la série qui posait le constat, partir bille en tête sur une idée sans avoir identifié le point de douleurs qu’on solutionne et vérifié qu’il existe et qu’il est important est une décision extrêmement risquée. Selon notre expérience, c’est la première cause de crash des startups et plus globalement des projets d’innovation au sens large.

Pyramide-Innovation-solution-points-douleurs

 

Mais qu’est-ce qui fait un bon point de douleurs ? Il doit être largement partagé par la cible envisagée et ne pas être tiré d’une discussion avec une seule personne amenant à un cas exceptionnel. C’est le caractère commun. Il doit être source d’une frustration importante chez l’utilisateur. C’est bien l’utilisateur qui doit ressentir cette frustration et pas vous qui pensez que le sujet a ce besoin. C’est le caractère de criticité (qualitatif). La cible impactée doit être suffisamment grande pour amener un potentiel. C’est le caractère quantitatif. La présence de ce point de douleurs doit se répéter le plus souvent possible. Être confronté à cette problématique une fois par an ou 4 fois par jour change totalement sa gravité. C’est le caractère d’occurrence. Un bon point de douleurs, c’est donc une frustration importante, avec une bonne occurrence, touchant largement une cible suffisamment conséquente pour définir un bon potentiel de valeur à capter par une innovation.

 

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Pyramide de l’innovation : Comment identifier les points de douleurs ?

Plusieurs approches existent pour collecter ces points de douleurs avec chacune leurs avantages et inconvénients. Le choix juste et pertinent des bonnes approches fera le succès de cette collecte, tout en essayant à chaque instant de garder un maximum d’objectivité et d’éviter les biais. On classe ces approches en plusieurs catégories, je ne parlerais ici que de deux, à savoir : les approches théoriques et les approches terrain.
Les approches théoriques permettent une analyse méticuleuse et exhaustive des usages, des interactions et des personnalités des utilisateurs d’une thématique. Elles offrent l’avantage de faire émerger rapidement une quantité importante de points de douleurs hypothétiques et pas facilement repérables sur le terrain. Evidemment cette étape se fait en amont des approches terrain puisque les points de douleurs ainsi créés devront voir leur existence validée par les approches terrain.
Au niveau des approches terrain, on retrouve des choses plus classiques comme l’observation, les enquêtes, l’immersion et bien d’autres. Ces approches doivent être sélectionnées consciencieusement et doivent se pratiquer dans un certain ordre, et d’une certaine façon pour éviter les biais. Le travail terrain est plus consommateur de temps et de ressources, d’où l’importance d’une bonne préparation et de l’utilisation des approches théoriques pour optimiser cette partie.

Pour terminer, une étape de sélection est nécessaire pour se focaliser sur ceux à potentiel. Les points de douleurs brûlants sont ceux sur lesquels il y aura le plus de potentiel pour créer de la valeur. Cela se fait également en suivant les critères définis plus haut ainsi que des critères plus stratégiques liés à l’activité de votre société ou tout bonnement votre appétence pour certains sujets.

Maintenant que vous avez identifié les points de douleurs à fort potentiel, il va falloir trouver comment les résoudre et ainsi apporter une solution à votre cible. C’est justement l’enjeu du prochain article de la série : Les solutions.

 

Lire la suite (partie 4/5)

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Pierre Guédon

Pierre Guédon

Directeur de projets Innovation

Biographie

Entrepreneur dans l’âme, mon moteur est la création et l’innovation au sens large. Pour l’alimenter et assouvir ma passion pour le montage et la réalisation de projets innovants, je m’efforce d’étancher une soif insatiable de connaissances et un plaisir d’expérimentation sur les thématiques de la création de business, des méthodologies des processus d’innovation ou encore de la maîtrise technique et technologique.

Mon background : Ingénieur conception produits et systèmes mécatroniques. J’ai œuvré dans de nombreux secteurs (pharmaceutique, agroalimentaire, fusion thermo-nucléaire, robotique, industrie du jeux vidéo, conseil en innovation) où j’ai pu mettre mon envie d’entreprendre et ma passion pour les technologies de pointes (Mécatronique, Intelligence artificielle, Vision, Réalité virtuelle, robotique, blockchain, Systèmes complexes) au service de beaux projets, tantôt en position d’entrepreneur ou de pilote, tantôt en position d’expert technique/faiseur.